Le chalutier Joseph Roty de Compagnie des Pêches Saint-Malo est un navire de 90 mètres avec 59 marins pêcheurs à bord. Il effectue des campagnes de pêche de 5 semaines environ dans les eaux froides de l’Atlantique Nord, à l’ouest des Iles Britanniques et aux Iles Féroës, au niveau du talus continental.
Il tracte un chalut pélagique réglé pour travailler entre deux eaux à plusieurs centaines de mètres de profondeur, à la profondeur spécifique où se situent les bancs de merlan bleu. L’homogénéité de ceux-ci, identifiés par le sonar du navire, permet au Joseph Roty de ne réaliser pratiquement aucune prise accessoire d’espèces différentes.
Le maillage minimum prévu par la réglementation pour la pêche du merlan bleu est de 32 mm dans le cul de chalut. Le maillage utilisé par le Joseph Roty est de 55 mm.
Quand le navire est sur les lieux de pêche, il tracte son chalut dans l’eau moins de la moitié du temps. Il capture ainsi ce qui est nécessaire à l’usine du bord. Puis, le chalut reste sur le pont et l’activité de pêche est suspendue, plusieurs fois par jour, pour tenir compte du temps de traitement du poisson dans l’usine embarquée. Celle-ci travaille 24 heures sur 24.
Le Joseph Roty capture environ 10 500 tonnes par an de merlan bleu, soit moins de 2 % du total des prises de merlan bleu réalisées par l’ensemble des pays pêcheurs en Atlantique Nord.
L’usine embarquée occupe tout le pont principal du navire (pont couvert). Elle comprend deux lignes de filetage dédiées chacune à une taille de poisson, et deux lignes de transformation des filets en surimi. Les 10 500 tonnes poids vif pêchées par le chalut servent à produire à bord environ 3 500 tonnes de filets. La différence, c’est à dire les têtes, viscères, arêtes et peaux, retournent à la mer. Les filets produits sont aussitôt transformés en pulpe. Puis celle-ci fait l’objet à bord de plusieurs lavages successifs par eau douce réfrigérée, et de plusieurs essorages afin de ne conserver que les protéines myofibrilaires qui constituent le surimi base. Celui-ci est surgelé dans le navire, pour une masse finale de l’ordre de 3 500 tonnes par an.
Les 3 500 tonnes annuelles de surimi base sont déchargées à Saint-Malo lors des retours de pêche. Elles serviront à produire, dans des usines à terre, environ 10.000 tonnes de bâtonnets de surimi (surimi base + amidon de blé + blanc d’œuf + extraits naturels de crabe + eau + paprika).
Pour le Joseph Roty, la saison de pêche dure d’octobre à juin, avec retour à Saint-Malo pour déchargement toutes les cinq semaines. En été, les concentrations de merlan bleu se dispersent. Le Joseph Roty, spécialisé pour cette pêche, est donc désarmé pendant quatre mois d’été.
La pêche du merlan bleu dans l'Atlantique nord est réglementée par un accord international de novembre 2005 :
Depuis 1998, la Russie, la Norvège, l'Islande, les Iles Féroës et l'Union Européenne ne parvenaient pas à s'accorder sur le Total Admissible de Captures de merlan bleu, tous Etats confondus, et sur la clé de répartition des captures entre eux. En l'absence d'accord, les prises Norvégiennes et Islandaises connaissaient une croissance sans retenue par rapport à leur niveau des années 90, alors que les captures des navires de l'Union Européenne étaient stables.
Un accord a finalement été trouvé fin 2005 prenant acte de l'accroissement de la part relative des Norvégiens et des Islandais mais tenant compte aussi des orientations du CIEM (Conseil International pour l'Exploration de la Mer) qui recommande, au vu des résultats des campagnes scientifiques d'observation du merlan bleu, une diminution des captures. Au sein de l'Union Européenne, le projet d'accord a été préalablement approuvé par un comité consultatif placé auprès de la Commission, le Pelagic Regional Advisory Council, qui comprend des conseillers scientifiques, une représentation des organisations de pêcheurs et une représentation des organisations environnementalistes non gouvernementales.
L'accord a été signé le 2 novembre 2005 par les principaux Etats ou groupe d'Etats pêcheurs de merlan bleu : Russie, Norvège, Islande, Iles Féroës et Union Européenne (celle-ci signant pour le compte des Etats Membres).
L'accord a fixé le Total Admissible de Captures (T.A.C.) de merlan bleu à 2.000.000 tonnes en 2006 pour l'ensemble des pays pêcheurs, toutes zones de l'Atlantique Nord confondues, et prévu une réduction progressive les années suivantes pour garantir à long terme la préservation de la ressource.
Ainsi, pour 2009, les Etats signataires ont ramené le T.A.C. annuel à 590.000 tonnes afin d'assurer la préservation du stock de merlan bleu.
Le respect du plafonnement des captures annuelles est assuré par une répartition du T.A.C. en quotas de pêche attribués aux Etats, selon une clé prévue notamment par l'accord du 2 novembre 2005. Les Etats répartissent ensuite ces quotas nationaux entre les armements de leur pavillon. Une vérification des prises réelles est effectuée par les navires de surveillance des pêches. Les volumes débarqués sont contrôlés.
Le chalutier producteur de surimi base Joseph Roty, de Compagnie des Pêches Saint-Malo, prend annuellement 10.500 tonnes de merlan bleu. Cela représente moins de 2 % du total des captures annuelles de merlan bleu en Atlantique Nord.
Le Joseph Roty restant le seul chalutier producteur de surimi base en Atlantique Nord, la pêche pour le surimi représente moins de 2 % des captures annuelles de merlan bleu en Atlantique Nord . Son impact sur le stock de poisson reste donc faible . Néanmoins, Compagnie des Pêches St-Malo a pris position pour une protection de la ressource merlan bleu et demande un accroissement du maillage minimum réglementaire à 55 mm, ce qu'il applique lui-même.